15j avant la date de mon terme j’ai rendez-vous avec la gynécologue qui va m’accoucher (ma gynécologue habituelle m’ayant suivis jusqu’à la dernière échographie et qui ne pratique plus les accouchements), à l’examen elle me dit que Léonie commence à appuyer sur le col et que je suis ouverte à 1. Elle me dit qu’elle est en vacances la semaine où je suis censée accoucher et donc me propose un décollement des membranes pour « avancer » l’accouchement. On en avait parlé avant avec mon chéri pour savoir quelle décision prendre si elle proposai et nous étions d’accord pour laisser Léonie venir quand elle déciderai. J’ai donc décliné. Après quoi elle me fait signer un papier comme quoi je suis bien au courant qu’il y aura un dépassement d’honoraire de 300€ si elle intervient lors de l’accouchement.

J’en avais tellement marre ces derniers 15j que j’ai regretté de ne pas avoir fait ce décollement de membranes, mais à la fois je savais que c’était mieux pour Léonie et que de savoir que c’est elle qui déclenche le travail était signe qu’elle était prête. Bien évidement que de mon côté j’ai cherché à lui faire comprendre que j’étais prête et qu’elle pouvait venir. J’ai marché autant que j’ai pu, j’ai lavé les vitres, j’ai fais du ballon, lait chaud avec de la cannelle, des gros câlins… Résultats 2 nuits sans dormir à causes de contractions insuffisantes pour déclencher un travail !

Le jour du terme : Après une nuit de contractions espacées de 10 min en fin de nuit nous décidons de nous présenter aux urgences de la maternité à 7 h… après examen du col et monitoring, les conclusions étaient que bébé allait bien mais que les contractions n’étaient pas encore assez efficaces pour aller en salle de travail et espérer accoucher de suite. Comme j’avais rendez-vous normalement à 9 h pour une échographie de contrôle étant donné que nous étions le jour du terme et qu’il n’y avait personne à ce moment là, on m’envoie passer l’échographie. A la fin de l’examen, la dame me dit « bon et bien je pense que vous n’allait pas repartir car il n’y a plus de liquide amniotique. Retournez aux urgences de la maternité voir ce qu’ils vont prendre comme décision ». On se présente donc aux urgences et on nous dit directement qu’effectivement je ne repartirai pas chez moi ! Soulagement, je me dis, enfin je vais pouvoir te voir et te serrer dans mes bras ! Et là mélange d’excitation mais aussi de peur, je suis surexcitée… Ses émotions sont nouvelles et très fortes. Je sais que je vais avoir mal mais je sais que Léonie sera dans mes bras le soir.

Il est 9h30, je suis installée dans la salle de travail, ils me préparent, me perfusent, essaye de rompre la poche des eaux (rien ne coule car plus de liquide amniotique) s’étonne de ne rien voir couler (tu as lu mon dossier ou bien ?!) et hop à 10h on commence l’ocytocine pour accélérer les choses… J’ai à peine le temps vraiment d’avoir mal à cause du déclenchement que l’anesthésiste arrive 1h plus tard pour la péridurale ! J’ai pas eu le temps d’avoir très très mal (Oufff !!)

Prête pour la péridurale !

Les heures passent, il y a bien des contractions mais le col ne bouge pas… à 15h je suis qu’à 4… et là, la sage-femme me dit que si à 16h rien a bougé et que bébé n’est pas descendu c’est césarienne d’urgence ! Pardon ?? Euh, on m’a jamais parlé de ça, on a toujours dit que je devais accoucher par voies basses et que tout les voyants étaient au vert ! Là, c’est la panique qui commence. Ma plus grande crainte était presque devant moi. Je demande si je peux changer de position, faire du ballon ou je ne sais quoi pour que les choses bougent, on me dit non que c’était pas nécessaire et de rester allongée. Je me décide de faire confiance en Léonie et en mon corps et je me dis que ça va bouger !

A 16h, elle revient m’examiner et le verdict tombe : césarienne. A partir de là tout va très vite, elle m’installe sur le brancard de suite. On fait un bisous rapide avec mon chéri, je pleure déjà toutes les larmes de mon corps. Pour moi à partir du moment où on m’annonce la césarienne : mon cauchemar commence. 

Série de photos du point de vue de papa pendant notre temps de séparation :

LEs larmes coulent comme des torrents, le couloir, l’ascenceur, le bloc… Je me sens affreusement seule, personne ne me parle mise à part le brancardier très sympa. Je tremble de partout et mes dents s’entrechoquent, mon corps taticarde et se tétanise, mes larmes ne font que couler, personne ne me parle pendant qu’ils me préparent. Mon chéri me rejoint dans la salle. Je sens le coton plein de bétadine sur ma peau anesthésiée. On attend que le gynécologue arrive pour commencer, il vient bien 30min après que je sois sur la table. Mon chéri arrive enfin (dans sa belle tenue de docteur Mamour version bloc) près de moi, je vois que l’image de moi dans cet état le déstabilise mais je peux rien faire pour le rassurer, je lui dis qu’il n’est pas obligé de vivre ça et que j’ai surtout besoin de lui pour qu’il s’occupe de Léonie. La seule phrase que j’ai eu du personnel est : « ne vous inquiétez pas votre petite fille va très bien, ça va très bien se passer ». A ce moment là, je pense pas à ma fille, je sais que tout va bien mais je pense à ce qui va m’arriver. Le gynécologue de garde arrive avec 3/4 d’heure de retard, il se présente à peine et là sans prévenir ils commencent… L’odeur de ma chair brûlée par le bistouris, le fait de sentir des mains dans mon ventre farfouiller pour arracher mon bébé qui ne voulait pas descendre, les entendre me pester dessus car mes muscles étaient tétanisés et qu’on ne me prenne pas au sérieux lorsque je dis que j’ai une sensibilité du côté droit et que ça me fait souffrir… la seule chose qui m’a permis de me calmer et de prendre encore sur moi, c’est mon chéri qui n’a pas arrêter de me dire des choses magnifiques. Enfin à 17h05, Léonie décide de quitter le ventre de maman. On nous la présente 20 secondes, elle hurle et ses petits yeux sont déjà grands ouverts. Je la regarde en me disant : « regardes la bien, n’oublies surtout pas son visage ! Il faut que tu saches, il faut la reconnaître ! » Et là, je me laisse encore plus aller, je sais que c’est la fin. Papa part en peau à peau avec notre petit bout tout calme et moi je pars en salle de réveil pendant 2 longues heures… sur le trajet on m’amène rapidement voir papa et bébé, on me pose 1 min Léonie sur moi, elle se met à hurler et là je me dit : « elle ne m’aime pas », « je ne sais pas faire, je suis nulle, elle me déteste ».

Dans la salle de réveil, je suis installée dans un coin, mes mâchoires claquent toujours l’une contre l’autre, je ne sais pas si j’ai froid (on me met une couverture chauffante mais rien ne change), je ne fais que voir et revoir le film de la césarienne. Je pleure encore et encore, mais je ne souffre plus (physiquement). Impossible de dormir ni de fermer les yeux. Je n’arrête pas de me dire qu’il faut que je me repose pour assurer une fois que je remonte mais c’est impossible. Je me souviens de la puéricultrice qui me dit avant que je parte qu’ils ont donné la moitié d’un doliprane à Léonie car comme elle ne faisait que hurler et qu’il ont utilisé les forceps, c’est possible qu’ils lui aient fait mal. Je m’inquiète en silence de sa santé et de mon allaitement, du non peau à peau, du fais qu’elle ai hurlé lorsqu’on l’a déposé sur moi… On vient régulièrement me voir pour vérifier que mon utérus contracte et donc que je ne me vide pas de mon sang, l’infirmière me fait touché mon ventre pour me montrer que mon utérus à déjà bien rétrécie et que c’est très très bien. Je finis par demander si elle ne peut pas se renseigner pour savoir comment va Léonie. Elle le fait et me dit que tout va bien et qu’on va me remonter dans ma chambre.

De retour dans la chambre après 2h de salle de réveil, 15 min plus tard arrivent enfin mon bébé et mon chéri me retrouvent dans la chambre. Je peux enfin examiner et admirer dans le détail ce petit être. Je demande de suite à le mettre au sein pour faire enfin ma tété d’accueil, l’auxiliaire de puéricultrice me montre en étant très patiente et douce dans un premier temps, bébé a un peu de difficulté à se « connecter », il me faut un bout en silicone que je n’ai pas et qu’on me prête gentiment… il est déjà 21h… le reste de la nuit a été chaotique, Léonie n’a pas voulu dormir ailleurs que contre moi et avec la césarienne je n’étais pas très mobile et libre de tout mouvement avec la sonde urinaire, perfusions… j’appelle constamment le personnel soignant qui se montre très vite impatient par mes nombreux appels, mais comment prendre ma fille de son berceau quand on ne peut pas se lever ? De plus je n’arrivais pas à la mettre au sein, elle hurlait tout le temps… Le lendemain on me désonde le matin et en début d’après-midi, on me lève ! Malgré la douleur et une mobilité très difficile je décide de prendre en charge tous les soins de ma fille car j’ai vraiment l’impression de déranger dès que je demande de l’aide. Je galère, je souffre, mais je dis rien ! Bref voilà comment passer 48h sans dormir ! Arrivé le soir, une sage femme ADORABLE et COMPRÉHENSIBLE m’a pris Léonie la nuit ! Les jours d’après ressemblent à ce que je viens de décrire… mais on va bien. Après 5j passé à la maternité, on sort !!!! DELIVRANCE ! J’ai posé toute mes questions, j’ai ma sage femme qui m’a fait la préparation à l’accouchement qui est adorable et disponible si j’ai la moindre question je sors très sereine et prête pour affronter nos débuts de vie à 3 en me disant que le cauchemar de la maternité est derrière moi !